Edito

Oui, nous sommes fiers de notre festival Le Vent sur l'arbre :
fiers d'offrir à notre public les meilleurs artistes autour de programmes ambitieux laissant la place aux compositeurs contemporains et à leurs œuvres. Fiers de faire découvrir, à côté des « stars », de jeunes talents en émergence. Fiers de l'ouverture à la musique classique que propose notre festival aux enfants : gratuité pour les enfants de moins de 12 ans, journée de sensibilisation à la musique classique. Année après année, les enfants, souvent en famille, participent de plus en plus nombreux à notre festival. Fiers d'associer à notre festival des musiciens amateurs et professionnels de notre région, avec notamment la participation de l'Orchestre d'Harmonie de la ville de Luzy. Fiers de valoriser à travers notre festival le réseau des églises romanes du Sud Morvan. Au-delà de l'église Saint-Maurice de Millay et de son acoustique exceptionnelle, notre festival fera découvrir ou redécouvrir la magnifique église de Sémelay, inscrite au patrimoine des sites clunisiens. Enfin fiers de notre directeur artistique, Christian Rivet, dont le dernier disque « 24 Ways Upon The Bells » vient d'être reconnu comme meilleur disque de l'année 2010 par Renaud Machart, journaliste au Monde.
Cette année, le thème de l'eau, retenu par Christian Rivet, entre en résonance avec le Morvan où l'eau est partout source de vie.
Alors, pour écouter ces merveilles musicales 2011, rejoignez-nous, et gageons qu'avec un programme de huit concerts et un film, sur cinq journées, nous franchirons le seuil des 1300 spectateurs pour cette 9e édition.

Hélène DOLLET, présidente de l’association “Été musical en Sud Morvan”


L’Eau et ses Miroirs

Il y a l'eau… sous toutes ses formes. Dans la musique, il y a la pluie, l'orage… la source et la rivière… le lac, les fontaines… et puis la mer. Les notes cristallines d’un piano qui ont la transparence des gouttes. Et toutes ces taches d’encre sur la toile… quelques pointes de brouillard aux quatre coins d’une feuille. Et faire flotter ainsi des écorces et des branches en noir et blanc… dessiner les cercles concentriques d’un caillou jeté dans l’eau… animer ainsi la musique du Bateau Ivre…

Christian RIVET, directeur artistique du “Vent sur l’arbre”

« Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées
Moi l'autre hiver plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'œil niais des falots !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelque fois ce que l'homme a cru voir !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants…

Arthur Rimbaud